Arts et savoirs faire d’exception

Un événement inédit a eu lieu ces derniers jours au salon «Première Vision» de Paris. Il s’agit de «Maison d’exceptions», une exposition qui regroupe des savoirs faire artisanaux du monde entier, des techniques ancestrales mais aussi contemporaines. C’est un espace de découverte et de rencontre d’artistes qui travaillent la plupart du temps pour les grandes maisons de couture. Ce sont des noms inconnus du grand public, mais leur histoires sont dignes d’être racontées.

Née et formée au Kirghizistan, Aidai est la fille d’un fabricant de yourtes en feutre de laine,celles utilisées par les bergers kirghizes. Experte textile et enseignante, Aidai contribue avec détermination à la conservation et la relance des traditions textiles de son peuple. Ses écharpes combinent le tissage de la soie et de la mousseline avec le feutrage manuel de la laine.
aidai 4

Au Japon, Amaike Textile Industry combine le travail artisanal et les prouesses technologiques. Ils ont crée le «Super Organza», le fil d’habillement le plus fin et léger du monde. Son épaisseur est d’un sixième de celle d’un cheveu, et le tissu ne pèse que 10 grammes par mètre carré.
anaike

Dans son atelier de Tournai en Belgique, Daniel Henry maîtrise l’impression textile comme nul autre. Ses maitres mots sont enduction, dévorage et cloquage. Il expérimente sur les supports les plus variés, comme la maille ou les plissés, et combine ses propres techniques avec broderie et aérographie.
daniel

Dans l’atelier artisanal de Yushisha, on tisse la glycine pour produire le Fujifu, un tissu doux et brillant, aujourd’hui considéré comme «bien culturel matériel» au Japon. Les fibres de glycines sont filées, puis tissées à la main.
fuji

En Italie, Marcello, ancien dirigeant d’entreprise textile, et sa fille Marta, designer, ont développé une matière innovante qui combine bois et textile. Ils cherchaient une belle alternative au cuir, pour réduire les effets néfastes de l’élevage intensif et du tannage. Leur procédé unique breveté consiste à coller de très fines feuilles de bois sur une base textile à l’aide d’un adhésif respectueux de l’environnement. On obtient ainsi un matériel qui combine l’aspect brut des différentes essences de bois avec la souplesse d’un tissu.
lineagh

Dans son atelier de recherche situé à Aubervilliers, Luce Couillet créé sur son métier à tisser des tissus sur mesure pour la mode, la décoration ou le sport. Elle combine des fibres et des matières surprenantes comme la laine et les métaux, le mohair et les chambres à air recyclés, l’inox et le nylon. Elle compose des tissages hybrides et raffinés, aux touchers et volumes inattendus.
luce

Valérie Colas des Francs est une artisane pratiquant la marqueterie de paille depuis plus de quinze ans. Dans son atelier à Nemours, elle façonne la paille de seigle, la teint et la tresse pour restaurer meubles et objets. Aujourd’hui elle s’oriente vers l’univers de l’accessoire et du bijou pour valoriser toujours plus les propriétés de cette matière simple et adaptable, réfléchissant la lumière d’une manière surprenante.
paille

Sarah Radulescu s’est formée au contact des cultures qui jalonnent sa vie privée. Pendant son enfance au Cameroun, elle a appris à coudre et à broder. Plus tard, elle a découvert le pays de son époux, la Roumanie, et y a consacré des nombreux voyages à découvrir et apprendre le macramé. Aujourd’hui elle crée des broderies aux formes animales, végétales ou abstraites, et les combine avec d’autres techniques comme le feutrage.
sarah

Dans l’atelier artisanal d’Arimatsu au Japon, on pratique encore le Shibori. Le Shibori est une technique traditionnelle de teinture, vieille de plus de 400 ans. Le tissu est d’abord lié, cousu ou plié, créant ainsi après la teinture, des dégradés et des contrastes, ainsi que des motifs et des plissés tri-dimensionnels. La famille Murase ennoblit les tissus depuis cinq générations, et considère le Shibori comme son propre patrimoine culturel. Aujourd’hui, elle utilise des techniques innovantes pour développer des créations modernes comme des luminaires. Le Shibori n’a pas dit son dernier mot.
suzusan

Quant à moi, j’ai été très contente de pouvoir regarder de beaux objets et discuter avec certains de ces artisans. Leur travail manuel et minutieux m’a donné encore plus d’envie de continuer avec ma technique «vernaculaire»: la couture.

Facebooktwittergoogle_pluspinteresttumblr

3 thoughts on “Arts et savoirs faire d’exception

  1. Bonjour,
    Un GRAND MERCI!!!
    Je viens de découvrir par hasard votre blog et votre votre jolie publication au sujet des Arts et savoirs faire d’Exceptions.
    Vous écrivez et décrivez avec une telle précision et détails (le juste mots)! Les photos sont belles!
    Bravo
    Bien à vous,
    Sarah Radulescu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *