Une robe kimono

Je ne couds pas très souvent de la soie…c’est une matière qui m’échappe, qui glisse, qui m’angoisse parce que coûteuse… Pourtant j’ai très envie d’en porter. Du coup, ça m’arrive d’acheter des coupons et de les laisser tapisser mes tiroirs pendant de longs mois, jusqu’au jour de grand rangement où, pour faire de la place, je m’occupe de mes vieilles acquisitions.

J’ai trouvé cette soie imprimée au Marché Saint Pierre, et je pensais me faire un pyjama ou une robe longue. Seulement voilà, 12 mois plus tard, je trouve l’imprimé moins joli qu’avant, et j’ai décidé de le cacher dans de multiples plis.

Sans patron, ni rien, j’ai coupé trois grands rectangles, un pour le buste et deux pour les manches, j’ai prévu une longue écharpe en guise de col et le bord franc comme ourlet.

Très peu de temps après, ma robe kimono était prête pour essayage. J’étais complètement noyée dans les trois mètres de tissus et j’ai eu du mal à attacher ma ceinture à cause des manches très larges. Mais une fois mon obi en place, j’avais l’air de venir de très loin. Très agréable à porter, cette robe est un brin théâtrale. Je n’entrevois toujours pas d’occasion de la porter et j’hésite de mettre le mot «réussite» tout comme celui de «raté» dessus. Je disais bien que la soie m’échappait…

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Une chemise à volants

Après des vacances complètement déconnectées au milieu des montagnes, je retrouve petit à petit l’envie de me remettre à mes activités habituelles. Néanmoins, le retour à la réalité de la rentrée reste difficile, d’où mon post très synthétique.

Après avoir transformé une chemise d’homme dans un top dos-nu, je suis passé à l’extrême simplicité avec cette deuxième transformation: elle est moins radicale mais plus passe-partout.

Pour commencer, j’ai coupé un petit chemisier dans la chemise d’homme.
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J’ai coupé les manches en longueur pour récupérer les parties du dessous. IMG_7896

Voici tout ce que j’ai gardé du vêtement initial:
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J’ai mis bout à bout les morceaux coupés dans les manches et les ai cousus ensemble. IMG_7898

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Je les ai froncés pour obtenir des volants que j’ai ensuite épinglés sur le buste. IMG_7900

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Et après un petit tour dans le quartier, une photo de face et une de dos, merci, bonsoir et à bientôt. IMG_7999

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Une transformation d’été

Voilà un bon moment que mes articles tournent autour de la géométrie et prennent un air un peu trop sérieux.

J’avais envie de partager avec vous des choses un peu plus légères et inspirantes. Les projets de couture estivales prennent a priori moins de temps que leurs équivalents hivernaux, mais en réalité, il se trouve que je couds beaucoup moins en été. On est moins enclin à pratiquer des activités casanières comme la couture, et plus occupé à organiser les vacances, à faire le grand ménage pour inventorier et vendre/jeter tout le surplus de l’année.

Je voulais donc me rattraper avec un projet facile, une transformation rapide et maligne qui me réconcilierait avec ma vie de blogueuse occasionnelle. Quand j’ai pu récupérer sans grand effort deux chemises d’homme, blanches, je me suit dit que la tache allait être facile et intéressante.

Pour la première chemise, la transformation est assez radicale.

Pour commencer, j’ai enlevé le col et un des poignets qui étaient fort usés.
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J’ai coupé la chemise horizontalement au niveau du buste et j’ai récupéré tout le bas et les deux petits morceaux du devant.
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J’ai commencé à créer des plis avec le grand morceau du bas. Pour plus de facilité, je l’ai moulé sur mon mannequin pour reproduire la forme du buste. La difficulté a été de créer des plis équilibrés et j’ai dû recommencer à plusieurs reprises pour arriver à la bonne largeur et au bon nombre. Puis, j’ai cousus les plis du haut jusqu’à la taille.
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L’ancien pied de col a été recousu sur les plis et se ferme derrière le cou.
J’ai recousu les deux petits morceaux du devant ensemble, pliés et attachés sur le poignet non-usé.
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L’idée était de tirer profit et de mettre à l’honneur la patte de boutonnage de la chemise. On la retrouve sur les côtés, et sert à attacher le devant avec la partie du dos. J’ai déplacé juste deux boutons, et le tour était joué.

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La voilà portée. La chemise étant un peu transparente, les plis la rendent opaque sur les endroits stratégiques.

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Vous verrez le résultat de la deuxième transformation à la rentrée. En attendant, je vous souhaite un bel été, plein d’inspiration et de couture.

Comment dessiner un col chemisier sur mesure

Votre chemisier a suffisamment attendu pour être fini. Le buste, les manches et les poignets ne doivent plus avoir de secret pour vous. Il est temps maintenant d’attaquer la pièce maîtresse: le col. Comme c’est une partie assez compliquée à dessiner, j’ai fait le choix de vous présenter une version simplifiée: le col chemise avec pied de col intégré. Ce col est moins haut et moins près du cou que le col chemisier classique (à pied de col rapporté).

Pour ce faire, suivons les indications du livre d’ESMOD: «Le vêtement féminin, volume 1».

Tout d’abord, il faut tracer une ligne verticale qui représente le milieu dos:

1. En perpendiculaire à cette ligne, tracez AB=1/2 encolure.
2. Parallèlement au milieu dos, tracez BB’=1/20 AB.
3. AC= ½ AB. Joindre CB’ en légère courbe.
4. Portez AD = B’E = 2cm (hauteur du pied du col), B’E étant perpendiculaire à B’C.
5. Joignez DE en ligne droite et dessinez également une ligne de cassure parallèle à l’encolure ACB’.

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6. Descendez A en A’ et C en C’ = 2 cm. DA’ = hauteur du tombant = 4 cm.
7. Prolongez EB’ en EB » de 6.5 à 8 cm.
8. Tracez A’C’ en ligne droite et C’B » en courbe.
9. Pliez la cassure DE et recopiez en miroir le contour du tombant DA’C’B »E.

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10. Retracez un nouveau milieu dos en ligne droite AA’. Gardez un angle droit en A’.
11. Vous pouvez prolongez le milieu devant pour couvrir la patte de boutonnage. Pour ceci, prolongez CB’ en F avec la valeur de la croisure.
12. Votre nouveau contour de col est: ACFEB »A’ (en rouge sur la figure 3).

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13. Tracez deux lignes de découpe, perpendiculaires à AC, une à partir de C et l’autre à partir du milieu de AC.
14. Découpez le long de ces lignes et pivotez les parties du col de 0,5 cm chacune.
15. Retracez les lignes ACB’F et A’B » en conservant un angle droit sur le milieu dos.
16. Vérifiez les mesures d’encolure du col et du vêtement qui doivent être les mêmes.

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J’espère que ces tutoriels ne vous ont pas donné de maux de tête, et à bientôt pour des billets un peu plus légers.

Comment faire des poignets sur mesure

Dans la série des chemises sur mesure, voici le troisième chapitre traitant de la construction du patron des poignets.

Si c’était à moi de décider, les chemises ne comporteraient jamais de poignet, tellement leur construction précise et leur montage me semblent fastidieux, et avec peu de chances de réussite du premier coup. Mais il est vrai que des poignets bien agencés et à la bonne taille donnent son coté soigné à une chemise.

Je me suis donc attelée à comprendre comment ils sont faits, et la réponse est venue du livre d’ESMOD «Le vêtement féminin: vol 1».

Il y a des poignets «simples», comme ceux que je vais décrire ici, et les poignets «mousquetaires» qui sont des poignets retournés, portés avec des boutons de manchette.

Pour les poignets simple, avant de se lancer, il faut connaître:

  • la hauteur du poignet et
  • le tour de poignet augmenté de l’aisance (entre 3 et 4 cm).

Ces mesures, vous les avez normalement décidés lors de la construction du patron de la manche. Prévoyez aussi une croisure pour la fermeture, en fonction de la taille des boutons choisis et des marges de couture.

Le plus simple c’est de faire le dessus et le dessous des poignets dans une seule pièce comme dans la figure 1:

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Si vous voulez des coins arrondis ou biseautés, il faut faire le dessous et le dessus dans deux pièces comme dans la figure 2:

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Si la hauteur de votre poignet dépasse 5,5 cm, le poignet devra suivre la forme du bras et être élargi sur sa hauteur. Coupez votre patron en 5 rectangles et écartez-les de la même distance pour obtenir en haut une valeur égale au tour du bras avec l’aisance, comme dans la figure 3.

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J’espère que cet petit exercice vous sera utile et à bientôt pour un prochain tutoriel.

Le patron de la manche chemisier

Pour continuer à construire votre chemisier sur mesure, après le dessin du buste vu dans le post précédent, vous aurez besoin des manches. A la différence de la manche classique, la manche chemisier ne comporte pas d’embu, la tête de manche étant plus plate.

Pour la construire, vous avez besoin de 3 mesures:

  • l’emmanchure dos et devant (prises sur le patron du buste chemisier)
  • la longueur de votre bras
  • la largeur de votre manche sur le poignet (que vous estimez en fonction de la largeur souhaitée et du nombre de plis voulus)

Commençons avec la tête de manche (figure 1):

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1. Dressez une ligne verticale AI qui représente le milieu de la manche
AI = longueur du bras – la hauteur du poignet (généralement 5 cm) – la valeur d’allongement de l’épaule donnée sur le vêtement (dans la construction du buste, on avait allongé les épaules de 1,25 cm, mais cette valeur peut être plus grande)
2. Dessinez AB = ¼ tour d’emmanchure + 1 cm
3. A partir de B, tracez une ligne perpendiculaire au milieu de la manche
4. A partir du point A, tracez AC = emmanchure dos – 0,5 cm
5. AD = emmanchure devant – 0,5cm
6. Placez les points intermédiaires: AG=GH=HC=1/3 AC et AE=EF=FD=1/3 AD
7. Remontez E en E’ de 1cm et G en G’ de 1,5cm
8. Dessinez la tête de manche CHG’AE’FD à l’aide d’un perroquet
9. Vérifiez que CHG’AE’FD = tour d’emmanchure, sinon allongez ou reduisez CD

Votre tête de manche ainsi construite, vous pouvez maintenant finaliser le bas de la manche (figure 2)
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10. A partir de I, dressez une ligne perpendiculaire au milieu de la manche, KJ = largeur de la manche sur le poignet + la valeur des plis de manche
11. Joignez CK et DJ
12. Dessinez IL=½ KI et IM=½ IJ
13. Remontez M de 0,5 cm, descendez K et J de 0,25cm et L de 1 cm
14. A partir de L, dessinez la patte de boutonnage sur 8 cm de hauteur, en parallèle au droit fil
15. De part de de l’autre de la ligne L, dessinez la patte d’une largeur de 2,5cm
16. Placez le 1er pli de part et d’autre de I
17. Les 2ème et 3ème plis sont de chaque coté de L
18. Fermez les plis vers l’ouverture de la manche et retracez le bas de manche

Cette méthode est extraite du livre d’ESMOD «Devenir modéliste: le vêtement féminin, volume 1» que je trouve assez clair et simple à suivre. Qu’en pensez-vous? Auriez-vous la patience d’attendre les prochaines tutoriels (les poignets et le col)?

Comment dessiner le patron d’une chemise fluide

En passant en revue mes tutoriels de patronage, j’ai été étonnée de constater que je n’avais pas encore parlé d’un élément essentiel de la garde-robe féminine: la chemise. Je parle ici de la chemise droite et fluide, atemporelle grâce à son caractère féminin masculin surtout quand elle est cousue dans une matière noble comme la soie ou la mousseline.

Pour la première partie de ce tutoriel, je vais parler d’abord du buste et je continuerai ensuite avec la manche de chemise et quelques types de cols. Je me suis inspirée du livre d’ESMOD «Devenir modéliste: le vêtement féminin, volume 1»

Pour faire le buste de la chemise, commencez avec votre patron de base du buste, sans pinces. (figure 1)
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Il faut ensuite lui apporter quelques modifications (figure 2).

  • De l’extrémité de l’épaule, tracez une ligne horizontale, perpendiculaire à la ligne du milieu dos et devant (en bleu) et prolongez cette ligne de 1,25 cm
  • Sur l’épaule, élargissez l’encolure de 0,7 cm et prolongez la ligne d’épaule jusqu’à la ligne bleu
  • Sur le milieu devant et dos, descendez l’encolure de 1,5 cm devant et 0,25 cm dans le dos
  • Prolongez la ligne de carrure de 1,5 cm sur le devant et le dos
  • Sur la ligne d’emmanchure, ajoutez 2,5cm et descendez de 3,75 cm
  • Élargissez la ligne de hanche de 2,25 cm
  • Descendez le milieu devant de 4 cm et le milieu dos de 6 cm et dessiner des courbes pour obtenir un bas style «liquette»

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Retracez le contour du buste en joignant les nouveaux points. Si vous voulez cintrer la chemise, je vous conseille les pinces de taille. Personnellement, si la chemise est en soir, je la préfère non cintrée.

Si vous optez pour un boutonnage devant, il faudrait ajouter une patte de boutonnage à droite de la ligne du milieu devant. La largeur de cette patte dépend du diamètre des boutons choisis, elle est généralement de 2 cm. Puis ajoutez à sa droite une parementure, sa largeur étant 1 à 2 cm de plus que la largeur de la patte de boutonnage (figure 3).

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Avec ceci de prêt, il vous reste à construire votre manche chemisier et choisir ensuite le type de col.
Avec un peu d’espoir et quelques ponts de Mai, ces tutoriels ne devraient pas trop tarder.

Le patron de la manche kimono

Une de mes lectrices m’a demandé un tutoriel sur la manche kimono chauve-souris. Je l’ai essayé une fois, j’ai trouvé la méthode de patronage assez simple, mais le résultat m’a tellement déçue que j’ai complètement mis cette idée de coté. Ce fut un problème de choix de tissu plus que de patron. Donc je préfère vous prévenir, pour ce type de manche, choisissez un tissu fluide de type jersey. La manche kimono est très à la mode cette année, dans ses différentes versions. Dans ce tutoriel, je vous présente la version simple, chauve-souris, sans gousset.

Cette méthode de construction est extraite du livre «Le modélisme de mode, volume 2» de Teresa Gilewska.
Commençons donc avec le début.

1. Prenez votre patron de buste sur mesure, sans pince, mais avec élargissements, et équilibrez les cotés du buste pour obtenir une largeur à la taille égale sur le devant et sur le dos. Ça veut dire, enlevez 1 cm ou plus devant, pour rajouter 1 cm ou plus dans le dos (figure 1).

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2. Sur le patron du dos et du devant déjà équilibré, tracez une ligne horizontale AB à partir de l’encolure. Cette ligne horizontale comprend la longueur d’épaule (du patron du buste) et la longueur de manche désirée. A partir du point B, tracez en angle droit une ligne verticale qui correspond au bas de la manche. BC = ½ largeur du bas de la manche (figure 2)

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3. A partir du point C, tracez la ligne du bas de la manche CD. Cette ligne doit respecter une platitude de quelques centimètres en bas de manche, et donc un angle droit en D. CD détermine la forme du kimono. En fonction de l’amplitude désirée, D se trouve entre la ligne d’emmanchure et la ligne de taille (figure 3).

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4. Le patron peut être fait au pli, en enlevant la couture sur l’épaule. Dans ce cas, déplier le patron et tracez l’encolure devant et dos (figure 4 et 5). Placez les crans de repérés. Vous avez votre manche kimono chauve-souris.

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5. Cette construction ne convient pas aux tissus épais, car l’épaisseur des plis formés en dessous des bras peut provoquer une gêne dans le mouvement. Pour plus de confort, il faut incliner davantage la manche. Cette inclinaison de la manche est limitée à la ligne d’épaule (figure 6). En dessous de la ligne d’épaule, la manche kimono nécessite la construction d’un gousset.

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Votre expertise manche ne cesse d’accroître. Avec la manche de base, la manche raglan et la manche kimono, êtes-vous maintenant prêtes pour attaquer les manches chemisier ou les manches kimono pivot?

Le manteau camel: saison 2

Je ne connais pas exactement l’origine de cette obsession, de l’image qui s’est imprimée dans ma mémoire, et m’a rendue totalement accro à cette couleur. Peut-être, est-ce qu’en hiver, le camel rappelle merveilleusement des souvenirs gourmands: caramel, cognac, cappuccino, vanille ou mocca.

Satisfaite sans plus du manteau camel réalisé l’an dernier (très chaud mais très épais aussi), je voulais réaliser une variante plus légère pour la mi-saison.

J’ai trouvé un tissu de velours de laine mélangé, qui avait déjà beaucoup de tenue, ce qui m’a épargné l’étape délicate de l’entoilage. Vu que j’aime les coupes simples et droites, je me suis accordée des difficultés supplémentaires au niveau du col et des poches.

Ce n’était pas la première fois que je dessinais un col tailleur (d’ailleurs, je voudrais faire un tutoriel bientôt pour les passionnés de géométrie et de calcul), mais le coudre dans un tissu aussi épais fut un véritable challenge. Tout comme le furent les poches passepoilées, qui réclamaient beaucoup de précision et de finesse ; et qui ont fini à double rabat, histoire de cacher des coutures pas totalement droites.

Pour la doublure, j’ai choisi un rose très rose. Porté avec des bottines python très noir et blanc, le manteau camel a des chances de ne pas se fondre dans la grisaille du mois de mars.

J’ai aussi créé des passants pour une ceinture, au cas où j’aurais envie de changer de coupe. Mais pour l’instant, je préfère le porter sans. Qu’en pensez-vous?

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Arts et savoirs faire d’exception

Un événement inédit a eu lieu ces derniers jours au salon «Première Vision» de Paris. Il s’agit de «Maison d’exceptions», une exposition qui regroupe des savoirs faire artisanaux du monde entier, des techniques ancestrales mais aussi contemporaines. C’est un espace de découverte et de rencontre d’artistes qui travaillent la plupart du temps pour les grandes maisons de couture. Ce sont des noms inconnus du grand public, mais leur histoires sont dignes d’être racontées.

Née et formée au Kirghizistan, Aidai est la fille d’un fabricant de yourtes en feutre de laine,celles utilisées par les bergers kirghizes. Experte textile et enseignante, Aidai contribue avec détermination à la conservation et la relance des traditions textiles de son peuple. Ses écharpes combinent le tissage de la soie et de la mousseline avec le feutrage manuel de la laine.
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Au Japon, Amaike Textile Industry combine le travail artisanal et les prouesses technologiques. Ils ont crée le «Super Organza», le fil d’habillement le plus fin et léger du monde. Son épaisseur est d’un sixième de celle d’un cheveu, et le tissu ne pèse que 10 grammes par mètre carré.
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Dans son atelier de Tournai en Belgique, Daniel Henry maîtrise l’impression textile comme nul autre. Ses maitres mots sont enduction, dévorage et cloquage. Il expérimente sur les supports les plus variés, comme la maille ou les plissés, et combine ses propres techniques avec broderie et aérographie.
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Dans l’atelier artisanal de Yushisha, on tisse la glycine pour produire le Fujifu, un tissu doux et brillant, aujourd’hui considéré comme «bien culturel matériel» au Japon. Les fibres de glycines sont filées, puis tissées à la main.
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En Italie, Marcello, ancien dirigeant d’entreprise textile, et sa fille Marta, designer, ont développé une matière innovante qui combine bois et textile. Ils cherchaient une belle alternative au cuir, pour réduire les effets néfastes de l’élevage intensif et du tannage. Leur procédé unique breveté consiste à coller de très fines feuilles de bois sur une base textile à l’aide d’un adhésif respectueux de l’environnement. On obtient ainsi un matériel qui combine l’aspect brut des différentes essences de bois avec la souplesse d’un tissu.
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Dans son atelier de recherche situé à Aubervilliers, Luce Couillet créé sur son métier à tisser des tissus sur mesure pour la mode, la décoration ou le sport. Elle combine des fibres et des matières surprenantes comme la laine et les métaux, le mohair et les chambres à air recyclés, l’inox et le nylon. Elle compose des tissages hybrides et raffinés, aux touchers et volumes inattendus.
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Valérie Colas des Francs est une artisane pratiquant la marqueterie de paille depuis plus de quinze ans. Dans son atelier à Nemours, elle façonne la paille de seigle, la teint et la tresse pour restaurer meubles et objets. Aujourd’hui elle s’oriente vers l’univers de l’accessoire et du bijou pour valoriser toujours plus les propriétés de cette matière simple et adaptable, réfléchissant la lumière d’une manière surprenante.
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Sarah Radulescu s’est formée au contact des cultures qui jalonnent sa vie privée. Pendant son enfance au Cameroun, elle a appris à coudre et à broder. Plus tard, elle a découvert le pays de son époux, la Roumanie, et y a consacré des nombreux voyages à découvrir et apprendre le macramé. Aujourd’hui elle crée des broderies aux formes animales, végétales ou abstraites, et les combine avec d’autres techniques comme le feutrage.
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Dans l’atelier artisanal d’Arimatsu au Japon, on pratique encore le Shibori. Le Shibori est une technique traditionnelle de teinture, vieille de plus de 400 ans. Le tissu est d’abord lié, cousu ou plié, créant ainsi après la teinture, des dégradés et des contrastes, ainsi que des motifs et des plissés tri-dimensionnels. La famille Murase ennoblit les tissus depuis cinq générations, et considère le Shibori comme son propre patrimoine culturel. Aujourd’hui, elle utilise des techniques innovantes pour développer des créations modernes comme des luminaires. Le Shibori n’a pas dit son dernier mot.
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Quant à moi, j’ai été très contente de pouvoir regarder de beaux objets et discuter avec certains de ces artisans. Leur travail manuel et minutieux m’a donné encore plus d’envie de continuer avec ma technique «vernaculaire»: la couture.

Les pré-collections 2015-2016: la leçon italienne

Récemment Alber Elbaz se déclarait dans une interview un peu déçu par l’aspect commercial des mini-collections ces dernières années. A l’origine, la pré-collection était une avant-première des meilleures pièces de la collection à venir, présentée à un public restreint et très pointu. Mais aujourd’hui, une pré-collection est plutôt une réinterprétation des meilleures ventes de la saison précedente. C’est finalement plus une «post» qu’une «pré»-collection.

Alber Elbaz, designer pour Lanvin depuis 14 ans, aimerait que la mode fasse rêver, plus qu’elle ne fournisse des vêtements que les femmes aiment et achètent. Mais quand on sait qu’aujourd’hui un designer n’est plus un créateur tout-puissant mais un directeur artistique qui compose entre la ligne de la maison et les goûts de sa clientèle, les mots d’Alber Elbaz semblent bien utopique. Et finalement, c’est lui-même qui avouait ne pas toujours avoir d’idées nouvelles, ou de retravailler les anciennes d’une saison à l’autre, comme dans une recherche permanente de la perfection.

En regardant les pré-collections, j’ai surtout été séduite par celles qui ne cherchaient pas à imposer une nouvelle ligne. C’est du coté des italiens Gucci, Pucci et Fendi que j’ai trouvé la plus belle expression d’une esthétique glamour et sans age.

Chez Gucci, Frida Giannini a réussi à faire revivre l’age d’or de l’élégance en choisissant des formes atemporelles (pantalons droits, robes longues et mi-genoux) dans deux couleurs qui se rehaussent si bien: orange brique et bleu anthracite. Les imprimés optiques étaient à l’honneur avec des motifs feuille traités en camouflage plutôt qu’en jardin d’automne.

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Chez Fendi, Karl Lagerfeld a pratiquement décomposé les matières fétiches de la maison (cuir et fourrure) dans des lignes et des bandes qu’il a ensuite ré-assemblés en manteaux et robes d’une sophistication bariolée. On aimerait croire qu’il a utilisé seulement des chutes pour se réconcilier avec les défenseurs des droits des animaux.

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Chez Pucci, Peter Dundas mise sur des formes très classiques coupées en daim rose et bleu indigo. La maille reste près du corps et rayée. Les imprimés optiques se déclinent en plusieurs couleurs néon. Pour le soir, les pierreries et la dentelle rappellent encore une fois les valeurs sûres d’une élégance atemporelle.

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En ce qui me concerne, j’ai vu suffisamment pour rêver et me sentir inspirée. Encore faut-il trouver ces merveilleux tissus et cuirs dans les marchés près de chez soi.

Le molleton rose princesse

Vous souvenez-vous de ce concours refashion de Thread & Needles que j’avais remporté il y a plus d’un an? Pour ma première place, j’ai reçu un bon d’achat de chez France Duval-Stalla, bon d’achat que j’ai utilisé très récemment.

En visitant leur site, j’ai remarqué leur choix de molleton, que j’aime beaucoup en hiver pour sa douceur et sa chaleur. J’ai opté pour du 100% coton gratté, couleur rose bonbon. Il marque un peu – normal vu sa composition- mais c’est très confortable à porter et presque tout aussi chaud qu’un pull en cachemire.

Pour le modèle, je me suis inspiré d’un sweat que j’ai acheté il y a quelques années chez Zara, et dont le tissu commence à fatiguer un peu. Le modèle original avait les manches courtes, moi j’ai fait une version hiver:

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Avec le reste du tissu j’ai cousu deux mini-robes agrémentées de tulle et de passepoil rose argenté. La princesse est délivrée du froid maintenant.

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