Les pré-collections 2015-2016: la leçon italienne

Récemment Alber Elbaz se déclarait dans une interview un peu déçu par l’aspect commercial des mini-collections ces dernières années. A l’origine, la pré-collection était une avant-première des meilleures pièces de la collection à venir, présentée à un public restreint et très pointu. Mais aujourd’hui, une pré-collection est plutôt une réinterprétation des meilleures ventes de la saison précedente. C’est finalement plus une «post» qu’une «pré»-collection.

Alber Elbaz, designer pour Lanvin depuis 14 ans, aimerait que la mode fasse rêver, plus qu’elle ne fournisse des vêtements que les femmes aiment et achètent. Mais quand on sait qu’aujourd’hui un designer n’est plus un créateur tout-puissant mais un directeur artistique qui compose entre la ligne de la maison et les goûts de sa clientèle, les mots d’Alber Elbaz semblent bien utopique. Et finalement, c’est lui-même qui avouait ne pas toujours avoir d’idées nouvelles, ou de retravailler les anciennes d’une saison à l’autre, comme dans une recherche permanente de la perfection.

En regardant les pré-collections, j’ai surtout été séduite par celles qui ne cherchaient pas à imposer une nouvelle ligne. C’est du coté des italiens Gucci, Pucci et Fendi que j’ai trouvé la plus belle expression d’une esthétique glamour et sans age.

Chez Gucci, Frida Giannini a réussi à faire revivre l’age d’or de l’élégance en choisissant des formes atemporelles (pantalons droits, robes longues et mi-genoux) dans deux couleurs qui se rehaussent si bien: orange brique et bleu anthracite. Les imprimés optiques étaient à l’honneur avec des motifs feuille traités en camouflage plutôt qu’en jardin d’automne.

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Chez Fendi, Karl Lagerfeld a pratiquement décomposé les matières fétiches de la maison (cuir et fourrure) dans des lignes et des bandes qu’il a ensuite ré-assemblés en manteaux et robes d’une sophistication bariolée. On aimerait croire qu’il a utilisé seulement des chutes pour se réconcilier avec les défenseurs des droits des animaux.

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Chez Pucci, Peter Dundas mise sur des formes très classiques coupées en daim rose et bleu indigo. La maille reste près du corps et rayée. Les imprimés optiques se déclinent en plusieurs couleurs néon. Pour le soir, les pierreries et la dentelle rappellent encore une fois les valeurs sûres d’une élégance atemporelle.

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En ce qui me concerne, j’ai vu suffisamment pour rêver et me sentir inspirée. Encore faut-il trouver ces merveilleux tissus et cuirs dans les marchés près de chez soi.

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